Prise D’otages, La Fin

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Amateur

Suite et fin de Prise d’otage

Lucan n’avait pas téléphoné. Il s’était pointé directement et avait toqué à la porte de Loiseau. Autant discuter en face à face et lui annoncer la nouvelle de vive voix. Après tout, ils avaient été collègues dans cette affaire: celle des otages enlevés à l’Aphrodisiak.

***

Loiseau est surpris. Ça fait une paie qu’il n’a plus de nouvelles de Lucan, la dernière en date remonte à son rapport de sa rencontre avec Bob. Pas plus qu’il n’en a de l’évolution de l’affaire de l’Aphodisiak.

— Entre, l’invite Loiseau. Je te sers quelque chose à boire?

— Une bière, si tu as.

— J’ai ça, de la blanche. Ça t’ira? Installe-toi.

Lucan s’enfonce dans le canapé en jetant un regard circulaire sur l’appartement en “bordel rangé” de son ex-collègue. Et il règne une vague odeur de chien mouillé.

— T’as de tout partout, constate le flic.

— Ma femme de ménage a démissionné…

Effectivement, Loiseau a une sale tronche. Sa barbe n’est pas celle d’un gus faussement mal rasé et ses yeux donnent l’impression de ne pas s’être fermés depuis un bon bout de temps. Ou bien il a viré lapin myxomatosé. Sa carcasse de cent-quatre-vingt-dix centimètres parait en avoir perdu quelques-uns dans la courbure des épaules et du dos.

— Qu’est-ce qu’il t’arrive? demande Lucan.

Loiseau le regarde avec un air de chien battu. Il ne devrait pas répondre. Lucan n’est pas son psy. De toute manière, il n’aime pas les psys. Mais il a besoin de parler, et il n’a plus beaucoup de monde à qui parler.

— Je ne me remets pas vraiment de la perte d’Emma, chuchote Loiseau.

— Ça ne pouvait pas finir autrement, tu le sais.

— Vous l’avez retrouvée?

— Non. Elle et Bob sont toujours dans la nature. Tu sais comment on a réussi à pister le reste de la bande?

— Non, pas vraiment. Raconte.

— Par un des types que la nana, la foldingue, avait enlevés, elle le prostituait. Enfin, il faisait le tapin pour elle. Bon, le tapin a été reclassé, mais quand même, tu le crois ça?

— Mais… avec qui? des mecs?

— Des mecs, des nanas, tout ce qui le payait et l’embarquait dans des séances olé-olé. Le type faisait tout, mais vraiment tout, avec n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Suffisait d’y mettre le pognon. C’est pour ça qu’on l’a retrouvé d’ailleurs.

— Comment ça?

— Le client ou plus souvent la cliente dans le cas que je vais te raconter, décrivait son fantasme. Notre kidnappeuse marlou, elle s’appelle Iris, amendait éventuellement ce projet, l’acceptait et faisait un devis. Tu imagines? Comme dans une PME, un devis! Arrivée telle heure, tel endroit, telle tenue, telle prestation, supplément godemichet de telle taille dans le cul ou ailleurs, ou autre option… non, mais tu le crois? Et tout ça à partir du scénar que la cliente ou le client fournissait!

Loiseau s’en fout manifestement.

— Comment vous avez pu les serrer? demande-t-il.

— Écoute ça, tu vas hal-lu-ci-ner dit-il en insistant sur chaque syllabe:

« Un des gars de notre section soupçonnait sa femme d’avoir une liaison. Ce gars, appelons-le Christophe, a pisté sa femme, disons Viviane. Il a prétendu qu’elle avait oublié de protéger sa session sur PC (je crois qu’il a craqué son mot de passe) et a constaté que Viviane discutait en ligne avec une nana à propos des conditions pour obtenir les services sexuels d’un mec: la nana lui a indiqué qu’il lui fallait contacter une certaine Iris, et exposer ses souhaits. Comme je te l’ai dit précédemment. C’est ce que Viviane a fait. Christophe s’est comporté comme un flic jaloux, c’est-à-dire qu’il n’a pas cherché à discuter avec sa femme, mais a continué la surveillance d’une suspecte, sa femme en l’occurrence. Si en tant que flic ça l’a amené à des résultats, et en tant que mari, il n’a pas été déçu. »

— Mais je ne comprends pas, si c’était de la prostitution, pourquoi une femme de flic, et le flic ont trempé là-dedans? objecte Loiseau.

— Ben voilà où le bât blesse. C’est que ça n’a pas été déclaré comme de la prostitution. On l’a cru à ce moment-là, on pensait vraiment que c’était de la prostitution. Viviane pensait, à raison, que leur activité tenait du libertinage et que le fric consistait en un défraiement légal pour tout ce qui concernait la location du matériel, véhicule, hôtel, vêtements et tenues spéciales, rencontres, etc. Paiement des frais, établissement du scénario. Et tiens-toi bien, c’est qu’on n’a pas pu condamner les deux zigs pour cette activité. Ils aidaient une femme à réaliser son fantasme libertin!

— Admettons. Continue.

— La suite est pas mal:

« Viviane a contacté Iris, la marlou, notre kidnappeuse dingo. Ni Viviane ni Christophe ne pouvaient soupçonner leur passé. Viviane lui a exposé ses souhaits: elle voulait que son prostitué, pardon libertin rétribué Matéo, la baise sous les yeux de son mari, puis qu’elle trabzon escort soit prise par son mari et le dit Matéo. Un bon vieux sandwich en somme. Elle ne précisait pas comment elle convaincrait son époux d’en arriver là. Iris, la marlou, a accepté et lui a demandé à quel endroit elle souhaitait que ça se passe, et quelques détails pour peaufiner le scénar.

Ayant craqué son password, Christophe a lu ce message. Tu imagines la tronche qu’il pouvait tirer! Il ne trouvait pas les mots quand il m’a raconté tellement il bégayait de colère. Parce qu’il n’a pas pu garder cette histoire pour lui. Et comme il croyait à une affaire de prostitution, il s’est dit qu’il pouvait faire tomber la maquerelle et sa pute mâle avant que le projet soit mis à exécution. »

Lucan poursuit:

« C’est là que je me suis souvenu de notre kidnappeuse du camp. Et j’ai demandé à Christophe de récupérer une photo du gars prostitué. Évidemment, c’était pas facile. Il s’est fait passer pour sa femme auprès de la maquerelle et il a demandé une photo du gars en tronche, à poil et en érection, pour que ça ait l’air plus authentique. Je soupçonne Christophe d’avoir voulu piéger sa femme. Il a eu la photo, mais ce con a oublié d’effacer le message. Ou bien il l’a fait intentionnellement pour provoquer sa Viviane, je sais pas. En tout cas, on a reconnu Matéo comme un des types enlevés. Mais sa femme s’est rendu compte qu’elle avait envoyé un message pour réclamer une photo qu’elle avait déjà, mais en moins explicite. Elle s’est doutée de quelque chose. Sur le coup, elle n’a rien dit, chance pour nous, car ça aurait pu faire capoter notre affaire. Bon, Viviane n’était pas au courant de notre intention de réaliser un coup de filet. Mais elle n’avait pas gobé que son mari pirate son compte. Et les deux trouducs craignaient pour leur sécurité, bien que ne sachant rien de l’activité policière de Christophe. Ils ont tout de suite pensé à un piratage puisque le mari jaloux semblait exclu du fait de sa participation. Viviane et Iris ont convenu d’un changement de scénar: lieu, conditions, etc. Mais elles font ça par téléphone, et on n’a rien su. »

— C’est bien beau ton histoire… et un peu longuet, mais je ne vois toujours pas comment tu as fait tomber le réseau.

— Sois patient, sois patient… Nous, il a fallu qu’on le soit. Je t’explique:

« Le couple est arrivé au terrain vague où devait avoir lieu le rencart. La nana maquerelle l’avait choisi pour son caractère dégagé. On était obligé de les suivre à distance avec les GPS et jumelles. Matéo les informe que le jeu commence et leur commande de se foutre à poil. Viviane n’est pas surprise, elle obéit. Christophe, lui, hésite, ce n’est pas ce à quoi il s’attendait. Sa femme l’encourage. Les voilà complètement désapés en plein air, au milieu de nulle part. Heureusement il ne fait pas froid, et le terrain vague est désert. La pute mâle annonce qu’il va les fouiller. Fouille au corps intégrale! Christophe proteste. La pute dit que c’est le nouveau scénario vu avec Viviane, s’il est pas content, on arrête là. Coup de bol, on n’avait pas mis d’oreillette à Chris. On a juste les retours audio par le téléphone de Christophe, on entend à peine, cause qu’il est enfermé dans le jean de notre homme. Il faudra qu’on insiste pour qu’il nous raconte la suite détaillée plus tard. Donc, le prostitué enfile un gant de latex. Il commande à nos tourtereaux de poser les mains à plat sur le capot de leur bagnole et d’écarter largement les cuisses. Il pratique la fouille intime sur Viviane, et le mec prend son temps. Et en plus, il commente! Ce n’est pas une vraie fouille, c’est une double pénétration! Index et majeur dans la chatte, pouce dans le cul, puis il la branle d’importance parce que même avec le téléphone dans la poche du jean de son mec, on entend sa femme beugler son plaisir. Et pour ça, elle ne se gêne pour faire savoir qu’elle prend son pied, la coquine. Elle encourage le Matéo à la pénétrer profond, et bien plus fort. Bref, je m’emporte rien que d’y penser parce que c’est moi qui tenais les jumelles, j’ai quand même bien suivi la scène. Elle remuait bien son cul pour s’empaler sur la main du gazier, la Viviane. Tu me diras, c’est elle qui payait, elle en voulait pour son pognon! Et je peux te dire que je ne comprends pas pourquoi Christophe prétendait s’ennuyer avec sa gonzesse. Une chaudasse pareille, putain… Au fait, elle est dispo, si tu es en manque… »

— Je ne fais pas les poubelles, grogne Loiseau sur un ton méprisant.

— Ce n’est pas ce que tu crois, rétorque Lucan. Elle n’a rien d’une poubelle. Elle est chaude, c’est son droit. On est bien content qu’il y en ait des comme ça quand on est en manque, non? Bon, je continue :

« Puis le prostitué, pardon le gars Matéo spécialiste du libertinage rétribué, s’occupe de Christophe, notre collègue. Pour nous, c’est gênant. Il y a un de nos collègues dans notre fourgon qui propose tunceli escort de couper, plutôt de baisser le son pour ne pas entendre les commentaires du putassier lorsqu’il lui fouille le fondement. Mais on ne la suit pas, y’a une collègue femme qui fait remarquer qu’on a bien entendu ceux concernant Viviane et qu’y’a pas de raisons pour qu’on esquive ceux concernant l’homme. Ce sont des trucs du genre: «tu aimes ça, te faire enculer? Parce que tout à l’heure je te mettrai ma grosse bite tout au fond de ton cul » On comprend que la pute mâle ne lui épargne rien, ni en mots, ni en actes. Mais le Christophe est supposé jouer le jeu. D’un certain côté, je dois dire que ça m’amuse assez de le savoir en train de se faire mettre par un mec qui s’est fait dressé par une pute. Je te passe les détails, mais le kidnappé a bien muté sa cuti, en tout cas, il a chopé les deux options. Il se prive pas de lui mettre bien profond dans le fion au collègue d’après ce que je peux apercevoir à travers mes jumelles. Quand il en a terminé, Christophe est… disons, un peu embarrassé. Pour que tu comprennes, son appendice caudal, n’a plus tout à fait de la taille d’un appendice, mais plus celle d’une extension bien développée. Ému qu’il est notre collègue, et sa femme, toujours dans mes jumelles, me parait aux anges par ce développement inopiné. Vu son air réjoui, je suppose qu’elle soupçonnait quelque chose. Matéo leur dit de mettre leurs frusques dans leur caisse et de la fermer à clé. Nous, on est marron, silence radio et aveuglement GPS à partir de là. Le gars les emmène plus loin jusqu’à une camionnette banalisée. Il sort des vêtements passe-partout qu’il leur fait enfiler et il les pousse à grimper à l’arrière du véhicule. Il nous reste à espérer que Christophe pourra se localiser et que la filoche à l’ancienne qu’on va tenter, va réussir. »

— La nana a rejoué l’enlèvement au camp, commente Loiseau.

— Y’a un peu de ça. Mais la filoche a foiré, on les a paumés. Ils se méfiaient. Je pense que la demande de photo de Christophe leur avait mis une puce à l’oreille qui les avait bien grattés.

***

— Tu veux une autre rôteuse? demande Loiseau.

— Non, non, merci, faut que je conduise.

— Comment vous les avez retrouvés?

— On a eu du bol. On avait hacké le PC de Viviane. Grâce au password que nous avait refilé son mari, on a pu déduire tous les autres, il suffisait d’incrémenter les chiffres. Et ils, les libertins pour les appeler par une déno gentillette, se sont mis à filmer leur séance et la transmettre en direct vers son PC. Une vidéo souvenir en quelque sorte. On a repéré l’adresse IP. Il a fallu un moment, ils passaient par un proxy à cause de l’hôtel, mais on a fini par identifier le FAI qui nous a donné la proprio. Démarches pas simples non plus.

— Vous vous êtes rincés les mirettes! rigole Loiseau.

Il tape sur l’épaule du flic

— Non, qu’est-ce que tu crois, proteste mollement Lucan.

Puis il concède:

— Enfin, un peu. Le temps de la recherche d’adresse.

— Vous avez tout vu, en fait.

— Pas loin, mais presque.

— Tu crois pas que c’est ce que voulait la femme, Viviane la femme de Christophe?

— Noon? Tu imagines, on l’a matée sous tous les angles, complètement à poil, en train de sucer le Matéo et de se faire prendre par tous les trous, en prise à deux. À faire des trucs de salope finie! Et tu crois qu’elle aurait monté ce coup? J’y crois pas, ou alors c’est une sacrée perverse d’exhibitionniste!

— Peut-être pas, peut-être pour se venger de son mari.

Lucan se tait. Il semble réfléchir.

— Putain si c’est ça, elle devait le haïr. Ouais, mon pote. C’est vrai qu’à moment donné le putassier saute le mari, juste après que celui-ci a joui dans sa greluche. Il est dans les vapes, et Matéo en profite pour, disons les choses crument, pour l’enculer. Il profite que l’autre ne sait plus trop où il en est pour le mettre sur le dos et lui poser les jambes sur ses épaules. Et hop, il l’enfile sans coup férir. Christophe proteste pas, au contraire il donne l’impression d’aimer, parce que la pute mâle le pistonne énergiquement. Et lui se tortille comme un poisson harponné! Il aime, pour ça il aime se faire défoncer le fion! Sa queue finit par se redresser, tant et si bien que sa femme se sent excitée et le branle, puis le suce. Ça dure quelques minutes comme ça, puis la pute mâle s’éjecte et décharge à moitié sur le ventre de Christophe, à moitié sur la tronche de sa femme.

— Tu vois ce que je te disais… elle voulait qu’on sache que son mari aimait les mecs, affirme Loiseau.

— Ouais mais c’est juste un petit moment. L’affaire de moins d’un quart d’heure. Ils ont baisé un sacré paquet de temps avant qu’on intervienne! Alors qu’elle! Putain, c’est le cas de le dire, tu ne peux que la traiter de salope!

— Elle s’en fout. Elle a quitté son mari, non? Et il ne peut pas se servir uşak escort de cette vidéo pour le divorce, ni pour lui tailler des croupières. Alors…

— Ouais, mais ça pourrait lui faire une réputation.

— Ça pourrait. Mais d’une part, laquelle? Et d’autre part, qui la fera?

— Ouaip. Ceci dit on a fini par débarquer et mettre fin à cette petite orgie. Matéo s’est mis facilement à table. Sur le coup, il a cru à l’histoire de prostitution, comme nous. Et puisqu’il avait la possibilité d’invoquer le trauma de son enlèvement en tant que circonstance atténuante… il nous a indiqué où trouver Iris. Ce qui nous a permis de retrouver le second type qu’elle avait enlevé. Et qu’elle avait vendu à une femme célibataire de province.

— Vendu?

— Ouais, vendu. Mais ça nécessite un bémol. Un gros.

***

— Qu’est-ce que tu veux dire? Vendre un mec ou une nana, ça ne mérite pas de circonstances atténuantes, s’insurge Loiseau.

— C’est pas ce que je dis. Le bémol, c’est que le type kidnappé n’était pas maltraité ni retenu contre sa volonté. Je crois pas pouvoir mieux m’exprimer.

— Explique-toi.

— Quand on trouve la fille, Iris, on s’empresse de lui demander ce qu’elle a fait du second otage. Elle nous dit qu’elle l’a cédé à une femme rencontrée grâce à une petite annonce de mariage sur laquelle elle serait tombée: “Jeune femme milieu trentaine, belle situation sociale et financière, cherche homme caractère docile en vue mariage”.

— Qu’est-ce c’est que ce binz? rigole Loiseau.

— Je te jure, y’a pas de lézard. Au début, on n’y a pas cru. Pourtant, c’était la vérité. Iris lui a proposé de lui faire rencontrer un homme qui correspondrait à son attente, son deuxième otage sans le nommer, contre une grosse prime. Forcément ça ne s’est pas fait en claquant des doigts, et je vais te résumer l’affaire sinon on va y être encore demain:

« Iris avait embarqué deux mecs soumis. Le premier qu’on a récupéré, elle l’avait gardé avec elle. Et le gars vivait sa nouvelle vie comme si c’était celle qu’il avait toujours souhaitée. Après tout, il baisait à tour de bras, sous les directives d’une souteneuse exigeante et dans des scénarios qu’il n’aurait probablement pas imaginés tout seul. Mais Iris avait besoin de fric immédiatement. Le second lui a permis d’en obtenir. D’après ce qu’on a pu savoir, c’était un mec assez falot, rien à voir avec le premier, le Matéo. C’était une véritable argile à modeler. L’idéal pour une femme au caractère directif, dominant, comme l’était celle qui avait passé l’annonce. Elle ne savait rien de l’enlèvement. Iris a mis le marché dans les mains de son otage: je te présente une femme qui veut se marier. Question caractère, elle te conviendra à merveille. En plus, elle est aisée financièrement. Donc si ça colle, tu auras une vie qui pourrait te convenir. Le type était une girouette à la recherche du vent, il a marché. Le gars a donc accepté de la rencontrer en tant que mec à marier. Et il est resté avec elle. Iris a touché sa “prime”.

On a donc eu les coordonnées. C’était un couple installé, pour éviter de rentrer là-dedans comme des chiens dans un jeu de quilles, mais aussi pour avoir des réponses franches, on a envoyé une jeune stagiaire les rencontrer sous prétexte de réaliser un sondage. »

Loiseau est de plus en plus dubitatif, mais il suit le récit attentivement

— Et?

— Et voilà ce qu’on a su par la stagiaire:

« Ils donnaient toute l’apparence d’un couple heureux. Un peu disparate, car elle était un peu costaude et lui assez malingre. La stagiaire a bien noté que le mari était profondément soumis à son épouse, aucun des deux ne faisait d’effort pour cacher le rapport de domination-soumission qui existait entre eux. Mais, bon, ça collait bien entre eux. Elle usait d’un ton autoritaire, et lui d’une petite voix donnant le sentiment qu’il parlait en baissant la tête, ce qu’il faisait d’ailleurs souvent. Sinon son regard fixait le sol presque en permanence. Et… mais ça notre stagiaire ne l’a remarqué qu’en fin d’entretien, il portait un collier de chien, un collier en cuir élimé autour du cou. En quittant leur domicile, dans le jardin, devant la porte d’entrée, la stagiaire a noté la présence d’une niche pour un très gros chien et d’une chaine à larges maillons métalliques ainsi qu’une gamelle remplie. La niche et la chaine lui ont paru récentes mais utilisées. En revanche, le couple ne lui avait pas déclaré avoir de chien. »

Lucan stoppe son récit, décroise et recroise les jambes en souriant à Loiseau d’un air entendu.

— Vous avez fait quoi? demande Loiseau.

— Rien, que veux-tu qu’on fasse? On aurait pu tout déballer. Mais le type n’avait pas l’air malheureux, au contraire. Le fait qu’il passe du temps à la niche… n’était qu’une supposition. Car la stagiaire est retournée vérifier une paire de fois, elle ne l’y a jamais vu. Pourtant on apercevait bien la niche depuis la rue. Peut-être son épouse l’y enchainait-elle durant la nuit? La stagiaire a effectué son faux sondage auprès des voisins immédiats, personne ne s’est plaint ou n’a émis de remarque négative. Elle a juste récolté un récit qui a confirmé nos indices.

— Et pourtant vous n’avez rien fait!

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